Le Tombeau de Merlin te dit :
"Il y a 2 500 ans, dans le Tao-tö king, Lao-Tseu dit :
"Le Tao qu'on tente de saisir n'est pas le Tao lui-même;
Le nom qu'on veut lui donner n'est pas son nom adéquat.
Sans nom, il représente l'origine de l'univers ;
avec un nom, il constitue la Mère de tous les êtres.
Par le non-être, saisissons son secret ;
par l'être, abordons son accès.
Non-être et Etre sortant d'un fond unique
ne se différencient que par leurs noms.
Ce fond unique s'appelle Obscurité.
Obscurcir cette obscurité,
voilà la porte de toute merveille."
Il y a 1 500 ans, Pseudo-Denys
l'Aréopagite, écrit :
"CE QU'EST LA DIVINE TÉNÈBRE
Trinité suressentielle qui est au-delà du divin, au-delà du Bien,
Toi qui gardes les chrétiens dans la connaissance des choses
divines, conduis-nous, par-delà l'inconnaissance, vers les très
hautes et très lumineuses cimes des écritures mystérieuses.
Là se trouvent voilés les simples, insolubles et immuables mystères
de la théologie, dans la translumineuse Ténèbre du Silence, où l'on
est initié aux secrets de cette radieuse et resplendissante Ténèbre,
en sa totale obscurité, absolument intangible et invisible, Ténèbre
qui comble d'indicibles splendeurs les intelligences qui savent
clore leurs yeux. Telle est donc ma prière.
Quant à toi, mon cher Timothée, exerce-toi sans relâche aux
contemplations mystiques, abandonne toutes sensations et jusqu'aux
spéculations de l'intelligence, laisse tout le sensible, tout
l'intelligible, tout l'être et le non-être; ainsi, autant que tu en
es capable, tu seras surélevé par la voie de l'inconnaissance
jusqu'à ne plus faire qu'un avec Celui qui est au-delà de toute
essence et de toute connaissance. En effet, c'est par la sortie de
toi-même et de tout, -extase totale et irrésistible- que tu seras
emporté vers la Suressentielle splendeur de la Ténèbre divine, étant
affranchi et dépouillé de tout. "
Et plus loin :
" C'est alors que Moïse s'affranchit même de ce qu'il voit et de
ceux qui le voient, il pénètre dans la Ténèbre vraiment mystique de
l'inconnaissance, il ferme les yeux à toute saisie par
l'intelligence et, dans une totale démission de tout ce qui se peut
toucher ou voir, il appartient tout entier à Celui qui est au-delà
de tout, il n'est plus à lui-même ni à personne d'autre, mais il est
uni par le meilleur de lui-même à Celui qu'on ne peut absolument pas
connaître, dans l'inactivité de toute connaissance et par cette
inconnaissance même il connaît au-delà de l'intelligence. "
Plus loin encore :
"LA CAUSE TRANSCENDANTE DE TOUT LE SENSIBLE N'EST RIEN DE SENSIBLE
Nous disons donc que la cause de toutes choses, et qui est au-delà
de tout, n'est pas sans essence ni sans vie, ni sans raison, ni sans
intelligence et qu'elle n'est pas un corps. Elle n'a ni forme, ni
figure, ni qualité, ni quantité, ni masse. Elle n'est dans aucun
lieu. Elle n'est pas vue et on ne peut la saisir par les sens. Elle
ne se perçoit pas par les sens et ne leur est pas perceptible. Elle
ne connaît ni désordre, ni agitation, elle n'est pas troublée par
les passions matérielles. Elle n'est pas sans puissance, comme si
elle était sujette aux accidents sensibles. La lumière ne lui fait
pas défaut, elle ne connaît ni altération, ni dégradation, ni
partage, ni privation, ni écoulement. Bref, elle n'est, ni ne
possède rien de tout ce qui est sensible.
LA CAUSE TRANSCENDANTE DE TOUT L'INTELLIGIBLE N'EST RIEN
D'INTELLIGIBLE
Nous élevant plus haut encore, nous disons que cette cause n'est ni
âme, ni intelligence, qu'elle n'a ni imagination, ni opinion, ni
définition, ni pensée (discursive), qu'elle n'est ni parole, ni
pensée (intuitive). Elle n'est ni nombre, ni ordre, ni grandeur, ni
petitesse. Elle n'est ni égalité, ni inégalité, ni similitude, ni
dissemblance. Elle n'est pas immobile, elle n'est pas en mouvement
ni en repos. Elle n'a pas de puissance et elle n'est pas puissance,
ni lumière. Elle ne vit pas et elle n'est pas vie. Elle n'est ni
essence, ni perpétuité, ni temps. On ne peut la saisir par
l'intelligence. Elle n'est ni science, ni vérité, ni royauté, ni
sagesse. Elle n'est pas un, ni unité, ni déité, ni bonté. Elle n'est
pas esprit comme nous pouvons le connaître, ni filiation ni
paternité, ni rien de ce que ni nous, ni personne ne saurait
connaître. Elle n'est rien de ce qui n'est pas, rien de ce qui est.
Les êtres ne la connaissent pas telle qu'elle est et elle-même ne
les connaît pas tels qu'ils sont. On ne peut ni la comprendre ni la
nommer, ni la connaître. Elle n'est ni ténèbre, ni lumière, ni
erreur, ni vérité. On ne peut d'elle absolument rien affirmer, ni
nier. Mais en affirmant ou niant des réalités qui lui sont
inférieures, nous ne saurions affirmer, ni nier quoi que ce soit
puisque c'est au-dessus de toute affirmation que réside la Cause
unique et parfaite de tout, comme aussi, au-delà de toute négation,
l'excellence de Celui qui est absolument affranchi et au-delà de
tout."
Ces textes sont extrêmement profonds. Ils te parlent de l’Absolu
mais ne sont pas d’un abord facile.
Ils peuvent te laisser désemparé.
Dans un sens c’est normal car les mots que tu lis doivent passer par
ton intellect, or l’intellect cherche la logique, la raison
rassurante.
Et ces textes semblent échapper à cela, à la logique, à la raison.
Ils s’en échappent en effet, car leur sens est au-delà de la logique
et de la raison.
En réalité ils te font entrer dans une dimension qui t’est inconnue.
Et tu vois bien que si tu y entres tu n’as plus rien qui soit
familier à ton entendement, plus rien à quoi te raccrocher.
Si on t’explique un parfum subtil que tu ne connais pas, tu ne peux
t’en faire une idée. Un grand poète pourrait lancer ton imagination
vers la voie de ce parfum, mais là encore ce ne serait pas vraiment
celui-ci, ce ne serait pas sa connaissance directe.
Pour aborder ces textes, il te faut oublier ton savoir, ta capacité
d’analyse, car ces derniers ne se basent que sur ce que tu connais
et, dans ce cas, ils ne te sont d’aucune aide.
Krishnamurti dit qu’il faut " se libérer du connu ".
Tu peux t’imprégner de ces textes, tu peux les garder en toi pour
les laisser mûrir, mais si tu veux les faire tiens il te faut
quitter l’appui de ce que tu sais, te détacher, t’abandonner à eux."